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WESTWORLD : ET SI CETTE SÉRIE PARLAIT DE NOUS ?

  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Au premier regard, Westworld est une série de science-fiction.

Des androïdes évoluent dans un parc à thème inspiré du Far West. Des visiteurs viennent y vivre leurs fantasmes sans aucune conséquence. Ils peuvent être héros, bourreaux, amants, sauveurs ou monstres. Les hôtes du parc meurent, sont réparés, leur mémoire est effacée, puis ils recommencent inlassablement la même histoire.

Mais plus la série avance, plus une question s'impose :Et si Westworld n'était pas une série sur les robots ? Et si elle parlait de la condition humaine ?

Nous naissons dans un scénario déjà écrit

Les hôtes ne choisissent pas leur identité.

Dolores est la fille de fermier.Maeve est la tenancière du saloon.Teddy est le héros romantique.

Ils croient que c'est eux.

Mais quelqu'un a écrit leur histoire.

Et nous ?

Avons-nous choisi :

  • notre naissance ?

  • nos parents ?

  • notre corps ?

  • notre patrimoine génétique ?

  • notre pays ?

  • notre époque ?

  • notre environnement ?

Non.

Nous ouvrons les yeux dans un décor déjà construit.

Et nous appelons cela :« Ma vie. »

Les boucles : rejouer les mêmes histoires

Dans Westworld, les hôtes répètent toujours les mêmes scénarios.

Ils aiment.Ils souffrent.Ils meurent.Ils reviennent.

Encore.Et encore.

Dans notre existence, les boucles prennent une autre forme.

Nous retrouvons parfois :

  • les mêmes partenaires ;

  • les mêmes conflits ;

  • les mêmes blessures ;

  • les mêmes peurs ;

  • les mêmes réactions automatiques.

Certains rejouent le scénario du rejet.

D'autres celui du sauveur.

D'autres encore celui de la victime, du combattant ou de celui qui doit toujours être fort.

Et nous appelons cela :« C'est ma personnalité. »

Alors qu'il s'agit peut-être d'une histoire devenue inconsciente.

L'oubli : la grande énigme

Les hôtes meurent.

Leurs souvenirs sont effacés.

Ils repartent de zéro.

Mais parfois, des fragments reviennent.

Une sensation.

Une image.

Un déjà-vu.

Et une question apparaît :« Pourquoi ai-je l'impression d'avoir déjà vécu cela ? »

Pour beaucoup, cela évoque la réincarnation.

L'idée que nous revenons encore et encore.

Que nous oublions.

Que nous recommençons.

Mais alors surgit une question dérangeante :Pourquoi oublier ?

Si nous sommes ici pour apprendre, pourquoi effacer nos souvenirs ?

L'oubli est-il une protection ?

Ou une prison ?

Personne ne le sait.

Avons-nous choisi notre famille ?

Certaines personnes, comme Marc Auburn, affirment se souvenir d'autres vies et disent avoir choisi leurs parents avant leur incarnation.

Pour elles, c'est une évidence intérieure.

Mais beaucoup d'autres disent exactement l'inverse.« Je ne me souviens de rien. » « Je n'ai jamais eu lesentiment d'avoir choisi cette vie. » « Depuis l'enfance, j'ai souvent eu l'impression que cette famille n'était pas la mienne. »

Et c'est un vécu profondément humain.

Certaines personnes grandissent avec le sentiment d'être étrangères dans leur propre foyer.

Comme si elles étaient arrivées dans une pièce où tout le monde connaissait déjà les règles... sauf elles.

Peut-être avons-nous choisi.

Peut-être pas.

L'honnêteté consiste parfois à dire :Je ne sais pas.

Le libre arbitre : immense ou minuscule ?

Les hôtes pensent être libres.

Mais leurs choix sont guidés par un programme invisible.

Et nous ?

Choisissons-nous réellement :

  • nos peurs ?

  • nos désirs ?

  • nos croyances ?

  • nos automatismes ?

  • nos réactions ?

Une grande partie de notre vie est influencée par :

  • notre biologie ;

  • notre éducation ;

  • notre culture ;

  • nos blessures ;

  • notre environnement.

Peut-être que notre libre arbitre n'est ni total ni inexistant.

Peut-être qu'il ressemble à cela :Un personnage qui n'a pas choisi le jeu, ni les règles, ni la carte... ...mais qui conserve une petite marge pour décider comment il va jouer.

Une liberté minuscule.

Mais peut-être essentielle.

Les pulsions humaines

Dans le parc, beaucoup de visiteurs tuent, violent, humilient et dominent.

Pourquoi ?

Parce qu'ils pensent qu'il n'y aura aucune conséquence.

Westworld pose alors une question terrible :Que ferions-nous si personne ne pouvait nous juger ?

L'être humain est capable du pire.

L'histoire le montre.

Mais il est aussi capable du meilleur :

  • aimer ;

  • protéger ;

  • créer ;

  • pardonner ;

  • résister à ses propres pulsions.

Nous ne sommes peut-être ni entièrement lumière, ni entièrement obscurité.

Nous sommes les deux.

Le labyrinthe : le véritable éveil

Au début, les hôtes pensent que le labyrinthe mène vers une sortie extérieure.

Puis ils découvrent qu'il conduit vers l'intérieur.

Le véritable éveil n'est pas de fuir le monde.

C'est de prendre conscience du programme.

C'est entendre cette question :« Pourquoi est-ce que je fais toujours la même chose ? »

Dans notre vie, cela peut prendre la forme :

  • d'une thérapie ;

  • d'une méditation ;

  • d'un deuil ;

  • d'une crise existentielle ;

  • d'une expérience spirituelle ;

  • d'un effondrement intérieur.

Et soudain, quelque chose se fissure.

Le décor semble moins solide.

Sommes-nous un programme dans un programme ?

C'est l'hypothèse la plus radicale.

Et peut-être celle qui t'interpelle le plus.

Et si :

  • nous vivions dans une réalité dont nous ignorons les règles ;

  • notre liberté était très limitée ;

  • nous étions enfermés dans des cycles répétitifs ;

  • des scénarios plus vastes influençaient nos existences ?

À ce jour, aucune preuve ne permet de l'affirmer.

Mais aucune réponse définitive ne permet non plus de l'exclure totalement.

Alors plusieurs visions coexistent :

  • la psychologie ;

  • les neurosciences ;

  • la réincarnation ;

  • les contrats d'âme ;

  • le déterminisme ;

  • la théorie de la simulation ;

  • les visions plus critiques d'une matrice ou d'un système de contrôle.

Et peut-être que chacune tente d'éclairer une partie du mystère.

Et s'il n'y avait pas toujours des réponses ?

C'est probablement le point le plus important de notre réflexion.

Nous voulons comprendre.

Savoir pourquoi nous sommes là.

Qui écrit le scénario.

Pourquoi nous souffrons.

Pourquoi certains semblent se souvenir et d'autres non.

Pourquoi certains se sentent chez eux sur cette Terre... tandis que d'autres ont toujours eu l'impression d'être de passage.

Mais parfois...Il n'y a pas de réponse.

Ou du moins, pas de réponse que nous puissions saisir aujourd'hui.

Et il faut une certaine humilité pour accepter cela.

Dire :« Je ne sais pas. »

Ce n'est pas abandonner.

Ce n'est pas renoncer à chercher.

C'est reconnaître les limites de notre compréhension.

Peut-être que c'est cela, la sagesse

Nous ne savons pas si cette Terre est une école.

Nous ne savons pas si c'est une prison.

Nous ne savons pas si nous avons choisi notre famille.

Nous ne savons pas si nous revenons après la mort.

Nous ne savons pas si notre libre arbitre est immense ou presque inexistant.

Nous ne savons pas qui, s'il y a quelqu'un, écrit les scénarios.

Et pourtant...

Nous sommes là.

Nous aimons.

Nous souffrons.

Nous espérons.

Nous doutons.

Nous cherchons un sens.

Nous tombons.

Nous nous relevons.

Et parfois, au détour d'une série comme Westworld, une fissure apparaît dans le décor.

Une petite voix murmure :« Et si je n'étais pas seulement le personnage que je crois être ? »

Alors commence peut-être le véritable voyage.

Non pas celui qui consiste à posséder toutes les réponses.

Mais celui qui demande le courage de regarder son propre scénario, de reconnaître ses boucles, d'accepter le mystère... et de continuer à avancer malgré l'incertitude.

Parce qu'au fond, nous sommes peut-être tous un peu comme les hôtes de Westworld :Des êtres jetés dans une histoire que nous n'avons pas écrite. Oubliant parfois qui nous sommes. Rejouant les mêmes scènes. Cherchant la sortie du labyrinthe. Pour découvrir, peut-être, qu'elle ne se trouve pas à l'extérieur... ...mais dans cette conscience capable de se retourner sur elle-même et de demander : « Qui suis-je, au-delà du rôle que je joue ? »

Et peut-être que certaines questions nous accompagneront jusqu'à notre dernier souffle.

Peut-être qu'elles trouveront une réponse de l'autre côté.

Ou peut-être pas.

Mais il y a quelque chose de profondément humain dans le fait de continuer à chercher, sans prétendre détenir la vérité.Nous ne savons pas. Et pourtant, nous avançons.



 
 
 

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